Nouvelle monnaie dans les zones contrôlées par les FSR : le Soudan face à un risque de partition de facto ?

 

Le conflit au Soudan entre dans une nouvelle phase qui dépasse les affrontements militaires pour devenir une véritable guerre économique ouverte, après que les zones contrôlées par les Forces de soutien rapide (FSR) ont commencé à faire circuler de nouveaux billets de la livre soudanaise.

Selon un rapport publié par le Centre Faros pour les études stratégiques, cette évolution soulève des questions complexes sur l’origine de ces fonds, dans un contexte de fortes mises en garde politiques et économiques. Plusieurs observateurs estiment que cette démarche pourrait accentuer la division de facto du pays et même conduire à une séparation complète entre les zones contrôlées par l’armée et celles sous contrôle des FSR, notamment dans la vaste région du Darfour, à l’ouest du pays.

Les origines de cette crise remontent à 2024, lorsque le gouvernement soudanais dirigé par l’armée a déclaré les anciens billets de banque invalides et a commencé à émettre de nouveaux billets de 500 et 1000 livres soudanaises. Les Forces de soutien rapide ont rejeté cette décision et interdit la circulation de ces nouveaux billets dans les zones qu’elles contrôlent, provoquant une pénurie progressive et sévère de liquidités, avec un impact direct sur les marchés et la vie quotidienne des citoyens.

Pour faire face à cette pression économique, l’autorité dite « Tasis » — une administration parallèle formée par les FSR — a commencé à mettre en place des mesures concrètes de gestion monétaire. Fin mai dernier, des habitants, des fonctionnaires et des combattants des FSR ont reçu leurs salaires en nouveaux billets totalement neufs, datés de mai 2022 et portant la signature de Hussein Yahya Jangoul, ancien gouverneur de la Banque centrale avant la guerre, récemment nommé à la tête d’une nouvelle banque centrale relevant de l’autorité « Tasis ».

Alors que des banquiers à Nyala affirment que ces billets semblent fraîchement imprimés et identiques aux billets officiels, le Premier ministre de l’autorité « Tasis », Mohammed Hassan al-Taayshi, a refusé de révéler l’origine de ces fonds, se contentant d’indiquer que la fourniture de liquidités repose sur des « plans techniques soigneusement élaborés » visant à assurer la stabilité économique.

En revanche, plusieurs analystes et centres de recherche estiment que cette monnaie parallèle pourrait faire face à de sérieux obstacles internationaux, de nombreux pays étant réticents à reconnaître un système bancaire parallèle issu d’un conflit armé en cours depuis avril 2023.


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HANY KHATER

Le Dr Hany Khater est titulaire d'un doctorat en tourisme et hôtellerie ainsi que d'une licence en journalisme et médias. Il occupe actuellement le poste de président du Forum international pour le journalisme et les médias. Il a également précédemment dirigé le bureau canadien de l'Union internationale de la presse arabe et assuré la rédaction en chef du site de l'Union, aux côtés de plusieurs autres plateformes médiatiques. Le Dr Hany Khater possède une vaste expérience dans le domaine du journalisme et des médias et travaille comme journaliste et auteur, s'intéressant aux questions de corruption, de droits de l'homme et de libertés publiques. Ses travaux se concentrent sur les questions touchant les sociétés arabes, notamment la justice sociale et les droits civils. Au cours de sa carrière professionnelle, il a publié de nombreux articles et enquêtes portant sur les questions des droits de l'homme et les violations touchant les libertés publiques, ainsi que sur les questions de corruption. Son style se distingue par son audace, sa clarté et son souci d'aborder les questions avec professionnalisme et transparence, contribuant ainsi à renforcer la sensibilisation de la société. Le Dr Hany Khater est convaincu que le journalisme représente une force influente dans la formation de la conscience et la lutte contre la corruption, l'injustice et les violations. Il estime également que des médias responsables contribuent à renforcer la pensée critique, à soutenir les valeurs de justice et de liberté et à construire des sociétés plus équitables.

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