Quand l’Art Réunit les Générations Autour des recherches de Sana Hichri sur la transmission, la création et le lien féminin

Il existe des ateliers où l’on apprend à peindre, et puis il existe des espaces plus rares, où l’on apprend à se regarder autrement. Le travail mené depuis plusieurs années par la chercheuse et artiste Sana Hichri s’inscrit dans cette seconde catégorie. À travers une pratique artistique partagée, elle explore une question aussi ancienne que contemporaine : que se passe-t-il lorsque mères, filles et grands-mères créent ensemble, sur un même plan, sans hiérarchie imposée ?

Au cœur de ses recherches, Sana Hichri observe l’atelier comme une micro-société équilibrée. Contrairement aux groupes segmentés par âge, l’espace intergénérationnel révèle une dynamique plus naturelle : les adultes apportent la stabilité et l’expérience,les jeunes l’énergie et l’audace,et les enfants la spontanéité et la liberté du geste.

Chacun progresse parce que chacun offre à l’autre ce qui lui manque. L’apprentissage ne passe plus par l’injonction, mais par l’imitation silencieuse. Les plus jeunes observent la patience, la posture, le respect du temps et de la matière. Les adultes, eux, se reconnectent à une créativité intuitive souvent étouffée par l’exigence de performance.

L’un des points les plus marquants des observations de Sana Hichri concerne les adolescents. Dans les groupes homogènes, ceux-ci ont tendance à se replier dans une posture de comparaison ou de provocation. En présence d’adultes et d’enfants, le comportement change,

L’adolescent se régule naturellement , il devient parfois guide, parfois soutien , il explique, protège, transmet. Cette responsabilisation implicite renforce une estime de soi fonctionnelle, enracinée dans l’utilité réelle plutôt que dans la reconnaissance artificielle.

Comme le souligne Sana Hichri dans ses écrits, un adulte qui peint à côté d’un enfant peint plus librement, car l’enfant peint sans peur. Cette co-présence agit comme un rappel essentiel : la création n’est pas une démonstration, mais une exploration.

Lorsque trois générations de femmes se retrouvent dans un même espace de création, le phénomène devient particulièrement révélateur , la grand-mère transmet sans enseigner , la mère structure sans imposer , la fille ose sans se justifier , les valeurs circulent sans être nommées : patience, respect du rythme de l’autre, entraide, acceptation des différences.

Il ne s’agit plus d’une éducation verticale, mais d’une transmission horizontale, implicite, profondément ancrée dans le faire. Là où les mots échouent parfois, la couleur, la matière et le geste construisent un terrain commun.

Cette expérience intergénérationnelle se prolonge également dans l’œuvre plastique de Sana Hichri. Inspirée par ces rencontres entre femmes de différentes générations, elle a peint la figure de la grand-mère, de la mère et de la fille comme une continuité vivante plutôt que comme des identités séparées.

Sur ses toiles, les trois femmes cohabitent dans une même temporalité symbolique, portées par la mémoire, la transmission et le devenir , la peinture devient alors un espace où la sagesse du passé, la force du présent et l’élan de l’avenir dialoguent silencieusement, révélant la profondeur du lien féminin à travers les âges.

Les recherches de Sana Hichri rappellent une évidence souvent oubliée : la vie n’est pas organisée par tranches d’âge. Apprendre à coexister avec des personnes différentes, à trouver sa place sans dominer ni s’effacer, constitue une compétence sociale durable , dans ce sens, l’atelier intergénérationnel ne prépare pas seulement à l’art , il prépare à la relation humaine, à l’écoute, à la coopération et à la reconnaissance mutuelle.

À travers cette approche, Sana Hichri ne propose pas une méthode spectaculaire, mais une réflexion profonde et patiente sur la place de la femme dans sa continuité générationnelle , son travail, prolongé par l’écriture, interroge la manière dont la créativité peut devenir un lieu de réparation douce, de transmission et de réconciliation silencieuse.

Loin du discours démonstratif, son approche rappelle que l’art n’est pas seulement un objet à regarder, mais un espace à habiter ensemble et parfois, c’est dans ce partage discret que se reconstruisent les liens les plus solides.


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HANY KHATER

Le Dr Hany Khater est titulaire d'un doctorat en tourisme et hôtellerie ainsi que d'une licence en journalisme et médias. Il occupe actuellement le poste de président du Forum international pour le journalisme et les médias. Il a également précédemment dirigé le bureau canadien de l'Union internationale de la presse arabe et assuré la rédaction en chef du site de l'Union, aux côtés de plusieurs autres plateformes médiatiques. Le Dr Hany Khater possède une vaste expérience dans le domaine du journalisme et des médias et travaille comme journaliste et auteur, s'intéressant aux questions de corruption, de droits de l'homme et de libertés publiques. Ses travaux se concentrent sur les questions touchant les sociétés arabes, notamment la justice sociale et les droits civils. Au cours de sa carrière professionnelle, il a publié de nombreux articles et enquêtes portant sur les questions des droits de l'homme et les violations touchant les libertés publiques, ainsi que sur les questions de corruption. Son style se distingue par son audace, sa clarté et son souci d'aborder les questions avec professionnalisme et transparence, contribuant ainsi à renforcer la sensibilisation de la société. Le Dr Hany Khater est convaincu que le journalisme représente une force influente dans la formation de la conscience et la lutte contre la corruption, l'injustice et les violations. Il estime également que des médias responsables contribuent à renforcer la pensée critique, à soutenir les valeurs de justice et de liberté et à construire des sociétés plus équitables.

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